mercredi 5 mai 2010

Merveille ! Il y a des femmes compétentes pour devenir administratrices de société

Il aura suffi d'une proposition de loi visant à imposer 40 % de femmes dans les conseils d'administration à un horizon de six ans sous peine de nullité des décisions votées pour que soit annoncée toute une kyrielle de nominations de femmes au parcours impressionnant : financières émérites, chefs d'entreprise, le haut du panier !

Jusqu'à présent, personne ne pensait à le leur proposer.

Et c'est souvent cela, on n'y pense pas : tenez, par exemple, une DRH de mes amies m'a raconté cette anecdote : elle demande à un dirigeant membre de son CODIR s'il ne voit pas quelqu'un de compétent pour le poste de directeur financier qui s'ouvre à Londres. Réponse du dirigeant " il y a bien Laurence, c'est la meilleure, mais elle vient d'avoir un enfant".

C'est chaque processus (de recrutement, de gestion des carrières, d'évaluation, notamment) qu'il faut rendre plus lisible et plus explicite pour limiter ces restrictions souvent inconscientes mais très limitantes. La formalisation oblige à la réflexion et à l'objectivation.

La DRH a répondu : "En effet, Laurence est une financière brillante, elle a parfaitement conduit les missions qui lui ont été confiées, elle a atteint tous ses objectifs, elle parle anglais couramment, proposons lui ce poste. A elle de décider !"

Et ... Laurence a choisi d'aller à Londres où elle réussit.

Pensez au gâchis qui a été évité à cette entreprise. Quelques scenarii probables :

Laurence furieuse de ne pas avoir été pressentie ou voyant tout simplement qu'on ne lui propose pas de nouveau challenge intéressant, Laurence se désengage, elle remplit désormais ses fonctions sans beaucoup s'investir et ses performances diminuent.

D'ailleurs, il est bien possible que Laurence crée une nouvelle activité dans un tout autre domaine, et qu'elle y consacrera de plus en plus de son temps jusqu'à ce qu'elle quitte l'entreprise pour se consacrer à sa propre société.

Ou encore Laurence envoie son CV à deux ou trois cabinets de chasseurs de tête spécialisés et six mois plus tard donne sa démission : elle rejoint le principal concurrent de l'entreprise.

On est là pour vous aider.

Martine de la Côdre

Aucun commentaire: